Les noeuds de marin à connaître, et comment les faire
Cinq noeuds couvrent l'essentiel de ce qu'on fait à bord : noeud de chaise, noeud de taquet, noeud en huit, noeud de cabestan et noeud plat. Comment faire chacun, quand l'utiliser et où il lâche.
Par l'équipe Waterspeed
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De quels noeuds avez-vous vraiment besoin ? De cinq : le noeud de chaise, le noeud de taquet, le noeud en huit, le noeud de cabestan et le noeud plat, plus le noeud d’écoute pour les cas particuliers. Apprenez-les jusqu’à pouvoir les faire les mains froides, avec une voile qui claque, et vous viendrez à bout de presque tout sur un dériveur ou un croiseur.
Comment faire un noeud de chaise ?
Le noeud de chaise forme une boucle fixe qui ne glisse pas sous charge et qui se défait facilement ensuite. Servez-vous-en pour une écoute sur une voile, une boucle autour d’un poteau, ou un bout que vous devez passer à quelqu’un.
- Faites une petite boucle dans le brin dormant, le brin courant passant dessus. C’est le “trou du lapin”.
- Passez le brin courant vers le haut dans la boucle, comme si le lapin sortait de son trou.
- Faites-le passer derrière le brin dormant, l’arbre.
- Redescendez dans le trou.
- Tenez le brin courant et la boucle ensemble dans une main, tirez le brin dormant de l’autre et serrez.
Il peut se desserrer quand le bout est mou ou secoué, alors laissez un bon bout libre. Les bouts synthétiques modernes, glissants, sont moins tolérants que l’ancien chanvre : testez votre noeud de chaise sur votre bout avant de lui faire confiance, et ajoutez un noeud d’arrêt s’il file.
Comment faire un noeud de taquet ?
Le noeud de taquet sert à amarrer un bout sur un taquet : amarres de ponton, drisses, mouillage.
- Faites un tour complet autour de la base du taquet. C’est lui qui encaisse la charge.
- Passez par-dessus jusqu’à la corne opposée et dessous.
- Repassez par-dessus et sous la corne d’en face, pour former un huit.
- Terminez par un tour de blocage, le bout se retrouvant dans le sens du taquet, pas en travers.
Deux ou trois croisements en huit suffisent. Davantage ne fait que compliquer le défaire.
Comment faire un noeud en huit ?
Le noeud en huit est un noeud d’arrêt. Il se place au bout d’une écoute pour que le bout ne puisse pas ressortir d’une poulie ou d’un chaumard. Faites une boucle, passez le bout derrière le brin dormant, puis dans la boucle par le dessus vers le bas. Serrez : il prend la forme d’un huit et se coince contre la poulie.
Quand utiliser un noeud de cabestan ?
Pour des pare-battages, une attache provisoire sur un poteau, ou tout ce que vous allez défaire bientôt. Deux tours autour de l’objet, le second croisant sous le premier : le noeud tient tant qu’il y a une tension régulière sur les deux brins. Il peut glisser si la charge change de sens ou se relâche, ce n’est donc pas un noeud d’amarrage. Un tour mort et deux demi-clés est le meilleur choix pour un poteau qui doit tenir toute la nuit.
Noeud plat ou noeud d’écoute ?
Le noeud plat réunit deux bouts de même grosseur, comme les garcettes qui tiennent une voile arisée. Droit sur gauche, puis gauche sur droit. S’il ressemble à un noeud de vache, il glissera.
N’utilisez pas de noeud plat pour quoi que ce soit qui supporte une charge. Pour joindre deux bouts de grosseurs différentes, utilisez un noeud d’écoute : faites une boucle dans le bout le plus gros, passez le plus fin dedans par le dessous, faites-le contourner les deux brins par derrière et glissez-le sous son propre brin dormant.
Comment s’entraîner ?
Entraînez-vous chez vous avec un mètre de bout de 8 mm, que vous gardez dans votre sac. Faites chaque noeud dix fois les yeux fermés, puis une fois avec des gants. C’est le niveau réaliste, car sur l’eau vous les ferez mouillé, transi et l’esprit à moitié ailleurs.
Une fois les noeuds acquis, ce qui vous fait progresser le plus vite sur l’eau, c’est de connaître vos propres chiffres. Notre guide pour analyser une sortie de voile est le point de départ.

